Mon Amour,
Il faut blanchir beaucoup d'heures pour n'en sauver
que quelques essentielles.
Des aubes bleues, presque violines.
Il faut recommencer souvent le même poème
pour se dire que rien ne s'achèvera.
Il faut balayer beaucoup de souvenirs pour
faire entrer dans sa maison l'envie de demain
Pour alléger ta langue, la soulager de l'ombre,
tu écris tes poèmes au dos des ailes des papillons.
Peu de mots, beaucoup de couleurs.
Et cette précision pour ne jamais rien froisser.
Et cette poudre d'or dans le soleil du cœur.
Et tes baisers sur les lèvres du temps.
Dans le creux de tes mains,
tu m'as fait boire l'eau de l'enfance.
Ainsi tu m'as rendu le temps de l'infini.
Et des folies.
De ton regard brûlé, tu sais effacer mes ténèbres.
Tu m'as rendu le temps des vagues et des embruns.
Tu m'as tendu ta paume dénudée,
m'offrant l'ardeur d'un feu nouveau.
Nous écrire est ce chemin d'orphelins,
nous le parcourons en silence
pour consoler la mort de nos étourderies.
Criss